On a tendance à dire que les Caen Runners sont partout. Cela s’est une nouvelle fois vérifié ce Week-End au Triathlon de Deauville. Supporters, Bénévoles, Athlètes, nous étions sur tous les fronts. Récit d’un week-end riche en émotions.

Étape 1 : Samedi, Le Triathlon L pour supporter Ellie et Clément.

11h, assis dans mon canapé, je suis le départ de nos deux champions sur le direct facebook Trideauville. L’ambiance a l’air folle, je ne tiens plus en place, en route pour Deauville supporter les copains. Deauville vit triathlon, respire triathlon durant tout le week-end, on est emporté par l’ambiance.
J’arrive alors que nos deux stars du jour Ellie et Clément ont encore facilement 1h30 de vélo à faire. Cela laisse le temps de préparer les pancartes et de se chauffer la voix.
Je retrouve Katiane, la copine de Clément pour former un duo de Choc sur la course à pied. Objectif ne pas passer inaperçu et emmener nos deux champions dans cette dernière ligne droite de leur défi !

« Chaque pas te rapproche de l’Apéro »

En fait, on se rend vite compte, l’enthousiasme aidant, qu’on est encore plus dans la course que les participants eux-mêmes. Aucun ne nous échappe, un petit mot pour chacun, on ne supporte pas uniquement nos athlètes, on supporte les triathlètes !

On finit par apercevoir Clément et Ellie aux alentours de 14h, ils sont partis à 11h, ils ont donc avalé 91.9km moins de 4h, c’est du solide! On reconnaît Clément comme personne, armé de son slip bleu saillant ! Ellie suivra quelques instants après !

On est dans l’euphorie complète, on donne tout ce qu’on a tel un triathlète dans la dernière ligne droite ! On oublie les gens à coté de nous, seul compte désormais d’être vu et d’être entendu par nos champions! Les voir passer donne des frissons, se dire que nos amis, nos partenaires d’entrainement ,qui ont fait énormément de sacrifices et ont travaillé dur pour y arriver se rapprochent de leur but, nous transcende encore plus, et nous pousse à donner de la voix ! Allez Clément, Allez Ellie, chaque foulée vous rapproche toujours plus de l’apéro.

« Le supporter scientifique »

Commence maintenant la partie scientifique du supporter. Nous sommes placés en sortie de parc à vélos, ce qui veut dire que nous voyons passer les triathlètes deux fois : une fois au km 1 puis au km 2.5. Nous sortons donc nos chronos pour estimer les temps de passages de Clem’ et Elodie. On dirait que nos calculs sont plutôt, bon on ne les loupera jamais sur les 8 passages au total (2 passages sur 4 tours).

A chaque passage, notre voix perd en intensité. Notre carburant repose sur les sourires de nos Triathletes qui se rapprochent toujours plus vite de l’arrivée. Le dernier passage avant l’arrivée sera sans doute le plus mémorable, car une fois nous avoir quitté, il leur restera seulement 3 foutus kilomètres… 3 kilomètres après presque 100 kilomètres de course, le Graal est à portée de basket.. On leur donne les dernières forces nécessaires, ils sont en mode adrénaline, en mode machine, de vrais guerriers.

Le temps de filer à l’arrivée, on se place à la hauteur de l’arche, on ne veut rien manquer du final de nos deux champions. Clément arrive tout d’abord. Les arbitres refusent que Katiane passe la ligne avec lui.. on se contentera de jeter nos dernières forces vocales dans la bataille. Ellie suit quelques minutes plus tard, nos athlètes, que dis-je, nos champions l’ont fait ! On en a les larmes aux yeux de partager ce moment de sport avec eux :

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Ellie et Clément nos deux champions !

Les voici FINISHERS DU TRIATHLON LONGUE DISTANCE DE DEAUVILLE après plus de 5h30 d’effort !

 

Étape 2 : Dimanche, Le Triathlon découverte avec Charlène et Adeline.

24h après ma maman n’a toujours pas compris pourquoi je me suis levé a 6h30 alors que je ne courais qu’à 14h30.. Un triathlon découverte c’est, de mon point de vue l’épreuve la plus sympa à supporter.
Cette épreuve comme son nom l’indique, est pour beaucoup des participants…une découverte. Une plongée dans l’inconnu.  C’est le cas pour nos deux championnes du matin, Adeline et Charlène.

J’arrive pile à l’heure sur le site pour le départ prévu à 9h . Soyons honnêtes, la mer est DÉMONTÉE ! Juste le temps de croiser le regard des filles et de donner des coups de trompettes, que les 3 vagues de néo-triathlètes sont lâchées. Le début de la natation ne ressemble littéralement à rien, si ce n’est un joyeux n’importe quoi. Du fait de la distance (seulement 300m), les bouées sont trop proches du bord ce qui implique qu’elles se situent en pleins dans les creux. Il est impossible pour les triathlètes de nager convenablement, l’organisation décide finalement, par sécurité, d’annuler la natation.

Je ne croise pas les filles à la sortie natation. Elles qui n’étaient pas du tout rassurées par cette première partie de l’épreuve, cela ne me rassure pas trop non plus. Je pique un sprint vers la sortie du parc à vélo pour essayer de les voir enfourcher leurs montures, manque de chance, ce départ à vélo ressemble au périph’ parisien en heure de pointe. Un joyeux bazar de vélos en tous genres, tout en bonne humeur, les voilà parties pour 20km.

N’ayant toujours pas vu les filles, je ne dis pas mon dernier mot. Des bénévoles Caen runners sont situés à mi-parcours, et m’indiquent rapidement qu’elles sont bien passées, il est temps de se chauffer la voix pour la partie course à pied.

La Famille de Charlène est en position sur le parcours course à pied,  Adeline aura quant à elle la surprise de découvrir une supportrice de choix sur la course à pied ! Une de ses amis est venue, exprès de Paris, pour la soutenir, elle se positionne avec moi à la sortie du Parc à vélos, nous attendons nos championnes !

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En route les filles, la médaille est au bout !

Charlène finit par arriver, vous êtes en droit de féliciter les supporters qui….la voient juste au dernier moment. Perdus dans nos pensées, on a failli la louper. Elle a fait un super vélo, elle est sur la base de moins de 2h c’est génial !
Adeline suit quelques minutes après. Cette fois on ne l’a pas loupée. Elle met quelques secondes à réaliser que sa pote parisienne est présente ce matin, puis enclenche la machine course à pied. Elles ont l’air bien toutes les deux, en avant la musique !

Le passage à la moitié de la course à pied de Charlène est plus difficile, une douleur à la jambe droite s’est réveillée. On donne tout ce qu’on a, en cris et coups de trompette, pour lui donner les forces de tenir jusqu’au bout. Malgré la douleur, le sub 2h est encore jouable !

Adeline quant a elle a véritablement lancé les chevaux et survole la course à pied comme jamais. Elle nous avouera plus tard l’avoir couru en 5’05 de moyenne sur 5km, les connaisseurs apprécieront.

Championne tu es triathlète. »

C’est à notre tour de courir vers l’arrivée pour voir nos deux championnes devenir Triathlète, les voir aller chercher cette médaille dont elles rêvent depuis des mois !

Charlène, malgré la douleur trouve la ressource d’arriver en sprint, et avec le sourire, bien aidée par notre concert, de cris et de trompette, ponctué par nos « Championne tu es triathlète. ». Elle maintient son avance sur le sub 2h en terminant en 1h55 un très bon temps pour une première !

Adeline suit 5 minutes après et conclue en 2h01, un temps là aussi, excellent pour une première avec une course à pied de feu !

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Adeline et Charlène nos deux nouvelles Triathlètes !

 

Les voici désormais Triathlètes et prêtes à recommencer ! Une course riche en émotions, autant pour les coureuses que pour leurs supporter, Bravo les filles, nous sommes super fiers de vous !

Étape 3 : Place au combat, place à la course, le Triathlon Olympique.

Après un week-end à supporter les copains, il est temps de se lancer dans l’arène. Je pars en compagnie de 5 Caen Runners, dont mes deux partenaires d’entraînement Aude et Hélène.
La mer est désormais haute, la machine à laver a fini son essorage matinal et c’est sous nos applaudissements que l’organisation nous annonce le maintien de la natation !

On se prend une dernière fois dans les bras et on file au combat. On teste l’eau rapidement avec Damien, va savoir si c’est le stress mais elle était délicieuse, après quelques brasses en échauffement, les bras répondent, prêt à faire feu mon capitaine.

Quitte a être là autant y aller à fond (j’ai un petit côté japonais kamikaze..), je décide sur un coup de tête de partir en natation dans le SAS expert, celui juste après les élites.
3-2-1 nous voila lâchés. Le cerveau est branché pour les 30 prochaines minutes sur 3 objectifs : 1. courir comme un dératé pour bien se placer, 2. rejoindre les bouées le plus à gauche possible, 3. nager le crawl.

La natation se passe sans encombre. Mêmes sensations qu’à l’entraînement. J’ai fait le bon choix de SAS, les niveaux sont homogènes je peux m’abriter dans les vagues de mes adversaires. Sortie à l’australienne en 15 minutes, timing parfait !
J’entends mon nom plusieurs fois, crié par nos supporters, je reste concentré sur ma course, et je ne peux encore maintenant vous dire qui m’a offert ses encouragements, ô combien bénéfiques !

La seconde partie de la natation se passe elle aussi sans encombre, pour une sortie en 33′ à la montre, 35′ au passage officiel, 168ème position, chauuuuud patate !!

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Poussez-vous j’arrive !

La transition se fait en mode machine. Je ne réfléchis pas, je me suis formaté à : chaussures, porte-dossard, casque et en route. Encore merci à Franck et Elo pour les encouragements dans le parc, ça remet un peu d’essence dans le réservoir.

Commence alors 1h45 de calvaire à vélo. Dieu sait que je l’aime ma machine… on en a fait des bornes ensemble. Mais là je n’avais qu’une envie : arriver. J’ai fait une erreur de débutant, ne pas reconnaître le parcours, ce qui implique de ne pas anticiper les descentes pour prendre de la vitesse pour la montée suivante etc..bref un calvaire. Rajoutez à cela les quelques difficultés dû à ma tenue (Un simple slip de bain comme les pionniers des années 80 ) et vous obtenez une impossibilité d’utiliser la position aéro sous peine d’un mal de dos (seulement au dos?!) terrible. Le fait d’avoir pris quelques vagues lors de la nat’ m’a également déshydraté, et j’ai rapidement été en manque d’eau.

Bref, à la fin de ce calvaire vélocipédique je dépose le vélo en 1100e position à peu près. (Je vous laisse calculer le nombre de places perdues). Il n’y a pas photo, cet été plutôt que de regarder le Tour, je vais plutôt aller rouler.

Je débute la course à pied sur un bon rythme… jusqu’à la sortie du 1er ravito, soit à vue de nez, 200m. Allez savoir pourquoi je débute une balade de 2km, avec une charmante pointe de côté sur la gauche. Le passage au 2nd ravito à 2,5km se passe mieux. Je fais un ravito « de gros » : Tucs, coca, chocolat, poussez vous les copains, j’ai faim làààà !

Je sais que mon kop de bénévoles préféré est au bout de la ligne droite des planches, car souvenez vous les Caen runners sont partout ! Ma foulée s’allonge, soyons honnête je plane, adrénaline mon amour. D’autant que GROSSE SURPRISE qui donne le smile !! Là où j’attendais Charlène et Adeline, ils étaient en fait 5 à nous pousser ! Une voiture Caen Runners a fait la route exprès de Caen pour nous soutenir, pu**** que ça fait chaud au cœur ! La réussite d’une course toute personnelle soit – elle passe également par ses moments d’euphorie, de chaleur humaine et de partage entre amis ! Cette philosophie qui fait que ce n’est pas parce que tu cours que tu ne soutiens pas !

« Ahhhh top le slibard ! »

Le souci d’un 10 km en boucle, c’est que quand tes amis sont d’un côté de la boucle, l’autre coté se fait…au mental. Le pire étant le dernier kilo avant l’arrivée et ce passage par la marina, cette traversée du désert interminable. Clin d’oeil de Vincent le boss du groupe Irontriclub : « Ahhh top le slibard »  et il est temps de rejoindre une première fois la la ligne d’arrivée pour un premier passage et c’est reparti pour un tour !

Le 2nd tour est un copier-coller du 1er, vous remplacez la pointe de côté par le bide en vrac et en route mauvaise troupe. Entre temps, Damien et sa foulée fluide me double, et fonce, tel une gazelle vers l’arrivée. J’arrive tel un cadavre devant mon kop bénévole adoré. Je marche, je n’en peux plus, c’est la que les super Caen Runners interviennent. Copieusement arrosé d’éponges et de bouteilles, je suis prêt à repartir. Et comme me dit si bien Katiane : « Allez Raph chaque foulée te rapproche de l’apéro ».

 

Le pire dans tout ça, c’est quelle a raison ! Après 51km de course, on va pas lâcher maintenant bon sang ! Je passe en mode machine, tape dans la main de notre Batman qui passe dans l’autre sens et direction l’arrivée ! Je ne fais plus attention au temps, je profite de l’instant présent !

Cette arrivée, que demander de plus ! Les Caen Runners qui donnent tout, les pompoms girls, allez on sourit, on fait n’importe quoi, et hop on passe cette foutue ligne d’arrivée tant désirée, depuis désormais 3h19 min !

Place désormais à la remise de la médaille tant convoitée et du T-Shirt finisher. Fidèle à mes valeurs de Beer, Run et Burger, je ne renie pas le ravito à base de sandwich à la rosette et d’une bonne bière bien fraîche. Quoi de mieux en plus qu’un ravito servi par les copains Caen Runners bénévoles ! Après la médaille et le t-shirt c’est un peu le 3ème cadeau, voir leurs sourires et pouvoir fêter ça avec eux !

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La Dream Team Bénévole Caen Runners !

Ces 3h19min concluent un week-end de fou à Deauville. 48h 100% Triathlon, 100% Caen Runners avec une envie de recommencer !

On a tous à notre manière (Bénévoles, supporters, Athlètes ou même les 3, pour certains) contribuer à ce genre de week-end qui soude un groupe et crée des liens. On se rend compte que le Triathlon est, je trouve, à l’image des Caen runners. Un sport oui, mais avec des valeurs ! Où on supporte tout le monde du premier au dernier, ou l’on se soutient. Bref, un événement à notre image, pour un sport de fouuuuuus !!

Une chose est sûre, après un tel week end, on reviendra encore plus nombreux l’année prochaine ! Un an pour se préparer nous n’avons pas d’excuses.

Et toi tu te lances l’année prochaine ? 😀

Dimanche 21 mai avait lieu la troisième édition de la Course des Lavoirs au Molay-Littry. Un rendez-vous incontournable pour moi dans la campagne qui m’a vue grandir ! Je me lance ainsi pour la deuxième fois sur les 14 kilomètres et j’invite les copains Caen Runners à enfiler leurs baskets et me rejoindre pour cette course champêtre.

7h30 : mon réveil sonne. Je l’éteins et ouvre les yeux. Je suis dans ma chambre chez mes parents. Aujourd’hui, c’est jour de course ! Hi Haaaa ! Je saute de mon lit, ouvre les volets et vois un superbe soleil. Cela annonce une belle journée. Enfin, cela veut aussi dire qu’il va faire chaud… Et moi, petite Normande, j’ai du mal à courir quand il fait trop chaud (plus de 18° hihi).

C’est parti pour le rituel « matin de course » avec pour commencer un petit déjeuner de champion. J’enfile mon maillot noir et je commence à penser à la course. Je rejoins les amis Caen Runners dans le bourg. Toujours un plaisir de les retrouver avant !

Le départ de la « petite Lavoir » est donné à 10h15. Je vais me positionner sur la ligne de départ. Je me rappelle que le parcours n’est pas simple et qu’il ne faut pas que je parte trop vite.

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Nous partons à 10h25. J’ai déjà soif ! Nous commençons par 2 kilomètres en légère montée. Toni me double dans le 2e kilomètres et je l’entends « Ana, un premier kilomètre en 4:50 ? Bel échauffement ! » Raté ! Je suis partie trop vite, beaucoup trop vite et je sais que je vais le payer plus tard. Je ralentis pour essayer de retrouver un rythme de 5:10 au kilomètre. Au 5e kilomètre, arrivent les premières côtes qui « coupent les pattes ». Je sens que mes jambes vont me lâcher et que je suis en train de ralentir. Je vois mon père à mi-parcours qui m’encourage, me félicite et me crie « cours à l’ombre ! » J’entends bien mais j’entame un segment en plein soleil. Et je crie intérieurement « Il n’y a pas d’ombre ! » Je suis obligée de ralentir encore, mes jambes s’alourdissent. Je double quelques coureurs dans la montée qui sont en train de marcher. J’ai envie de faire comme eux mais j’ai peur de ne pas repartir. Alors, je cours, pas vite, mais je cours. On retrouve les randonneurs sur le parcours qui nous encouragent et cela fait du bien.

Dernière montée avant l’arrivée ! Je suis à un kilomètre de l’arrivée. Je vois des têtes connues m’encourager et je passe la ligne d’arrivée poussée par les voix des Caen Runners qui m’attendent. Je boucle finalement ces 14 kilomètres à la 128e place (7e dans ma catégorie) en 1h15 soit 40 secondes de plus que l’année dernière.

La course du poulet
Après l’effort, le réconfort et la récupération… Les Caen Runners, ce n’est pas que du running, ce sont aussi plein de bons moments partagés. Nous nous retrouvons donc tous autour d’un déjeuner dans le jardin de mes parents. Au menu : du poulet (le voilà !), des frites, des gâteaux, des cookies de sportif et un peu de salade de fruits (parce qu’on est des sportifs quand même… Une partie de la famille Caen Runners (et quelle belle famille !) est réunie et avec ce magnifique soleil au-dessus de nos têtes, il y a comme un air de vacances…
Ce dimanche était PAR-FAIT !

Un 1er Marathon, 42.195km de défis une plongée dans l’inconnu… Découverte en immersion de l’édition 2017 du marathon de Paris, mon 1er marathon.

Paris, 8h15 station Charles de Gaulle étoile, le jour J de l’heure H, qu’est-ce que je fais là ? Suis-je prêt ? Vais-je supporter ? Pourquoi courir 42,195km ?… Beaucoup de questions, le départ est dans 1h.

On sort du Métro, face à l’Arc de Triomphe, claque dans la gueule. Tu ne peux plus reculer mec tu y es il faut y aller… Le corps se libère j’explose en larmes dans les bras de ma coéquipière.

C’est libéré que je rentre dans le sas, prêt à en découdre. Il fait déjà bon, trop bon, la chaleur va être omniprésente. Je pars donc avec le t-shirt de la team, un marcel dans le sac en cas de forte chaleur une casquette sur la tête et les lunettes de soleil.

« Allez plus que 40 kilomètres »

Le départ est une euphorie planante. On court sur les Champs-Élysées la plus belle avenue du monde, le plus beau marathon du monde dans la plus belle ville du monde (avec les meilleurs coéquipiers du monde 😉 ). C’est encore le temps des boutades à la Concorde : « Allez plus que 40 kilomètres ».

Le Smile du début de course !
Le Smile du début de course !

Les 5 premiers kilos se font sur un nuage jusqu’à Bastille aka le ravito anarchie. Ce genre de ravito qui te donne un aperçu de l’espèce humaine quand elle manquera d’eau, pas de pitié, zéro fair-play, choppe ta Vittel et fais pas ch***.

« Tiens c’est L’INSEP. » 

Hormis les foutus faux plats montants, le parcours se fait sans encombre jusqu’au château de Vincennes. J’en profite pour faire du tourisme, il est pas mal ce château. On passe ensuite à l’INSEP, ce qui vaut un réveil en sursaut de ma coéquipière jusque-là concentrée comme jamais : « Tiens c’est L’INSEP ».

Je vous épargne la longue ligne droite qui longe l’hippodrome, même si on a fait à peine 15 bornes je crois bien ne jamais revoir Bastille.

Là ça va encore, mais le mur est pour bientôt..
Là ça va encore, mais le mur est pour bientôt…

« Le plongeon dans l’inconnu… »

C’est justement à partir de là que ma course commence réellement, du fait de soucis plus psychologiques que physiques, je n’ai pas pu préparer ce marathon, ma plus longue sortie n’a pas dépassé 15km. À partir de là c’est le plongeon dans l’inconnu…

Magie du corps humain, les blessures psychologiques s’estompent et me laissent continuer. Toutefois l’allure 5’40 se fait sentir dans les guiboles. Arrivé à Bastille il faut se rendre à l’évidence : soit je ralentis et je savoure ce marathon, soit je continue à 5’40 au risque d’abandonner dans un état cadavérique dans les 10-15km suivants.

« Écouter son corps. »

Si le marathon m’a bien appris une chose, c’est d’apprendre à écouter son corps. Cette course est plus un défi qu’une course en elle-même, un défi face à soi-même. Chaque marathonien a ses raisons, son histoire.

Bref revenons à nos moutons, la décision est vite prise, keep calm et ralentis. J’informe ma coéquipière au semi que je vais désormais marcher, je la laisse tracer sa route. Elle l’a préparée consciencieusement telle une championne pendant 4 mois je ne me vois pas être un boulet, je la laisse tracer sa route.

À partir de ce moment, on active le mode mental. Je préviens notre fidèle supportrice que je suis dans le mal, ce à quoi elle me répond : « je suis au 23e kilo tu y es presque ».

« Astérix avec sa potion magique… »

Putain, 2 km… j’ai l’impression d’être Astérix avec sa potion magique… la voir ne serait-ce que 40-50sec (j’ai l’impression que ça a duré 1h) m’a autant reboosté que le meilleur gel énergétique dégueulasse à la mode… Nous voilà repartis comme en 40.

À partir du 25e et des poussières, on arrive dans la partie du parcours que je ne suis pas prêt d’oublier. Sur les berges, la vue est exceptionnelle : Quai des Orfèvres, Notre Dame, la Tour Eiffel… C’est beau Paris !

Tellement beau que ça donne le smile..même après 27 bornes !
Tellement beau que ça donne le smile… même après 27 bornes !

Le public est omniprésent, on a l’impression d’être un coureur du Tour de France qui grimpe l’Alpe d’Huez. Chacun y va de son petit mot de sa petite tape :  « Vous êtes des champions », « Chaque foulée vous rapproche de la victoire » On ne peut être que reboosté !

« Passion Tunnels… ou pas »

Par contre je ne me suis pas découvert de passion pour les tunnels parisiens préférant au contraire y faire une récupération active sous forme de marche rapide haha.

« Kop Adidas et Mur du 30e »

Il est temps de filer désormais vers le 30e kilomètre, ce fameux mur mythique (qui s’est présenté pour moi au 22e kilo). On passe avant devant le kop Adidas Runners qui donne de la voix comme jamais. Encore merci les amis !

« Le Miracle ISOTAR »

Suite au 30e se produit le second miracle de mon marathon (le premier étant la présence de ma fidèle supportrice au 23e alors que j’avais compris 33e haha). Au ravito ISOTAR (ce n’est pas bon mais ça rebooste) passe devant moi un t-shirt Caen Runners… Alléluia j’ai retrouvé ma coéquipière ! Elle m’explique que la chaleur a eu raison de ses ambitions (et oui en Normandie la prépa hivernale ne prépare pas à la chaleur). Qu’à cela ne tienne, Un Caen runner ne lâche rien, on active le mode guerrier, il reste 9 bornes.

Ces 9 bornes ont autant été les 9 bornes les plus longues de ma vie de runner que les plus beaux. Les plus beaux car on a su faire preuve d’une détermination sans faille tout en ayant su s’écouter . On a su marcher quand il fallait, s’arrêter quand il fallait. Un défi dans le défi.

« Allez, la bière et la médaille sont au bout du chemin »

On recroise notre fidèle supportrice dans la côte qui nous emmène vers le Bois de Boulogne. Je lui laisse mon sac, prêt à partir au combat. Ma coéquipière souffre, moi aussi, mais être à deux nous stimule, nous maintient. On se dit que une fois rentrés dans le bois, on en sortira… à l’arrivée.

Si je devais retenir qu’une chose du bois de Boulogne, c’est les encouragements d’une petiote sur le bord de la route : « Allez, la bière et la médaille sont au bout du chemin ».

Cette traversé du bois m’a paru durer des heures. C’est au mental que l’on voit défiler les kilomètres. 39, 40, 41, puis arrive cette libération, là, au bout de la route un rond point… Je m’attends à ce que l’on ré-entre dans le bois, mais non…

« Nous Sommes Marathoniens »

Au bout de ce rond-point, on voit les banderoles le public qui nous dit que c’est fini. Comme par magie les foulées s’accélèrent, la foule applaudit. On vit l’instant présent.

Victoire !
Victoire !

Je fonds en larmes comme une madeleine « Putain on l’a fait, on a couru 42,195km ». On passe la ligne d’arrivée telle une libération et surtout une victoire… S’en suit cette même interrogation qu’au départ : Pourquoi avoir couru 42,195km ?

Ceux à quoi nous répondons en cœur :

Car nous sommes Marathoniens !

On part ensemble, on arrive ensemble, l'esprit CAEN RUNNERS !
On part ensemble, on arrive ensemble, l’esprit CAEN RUNNERS !

En bref, cette course fut un véritable défi, une sortie de la zone de confort. Elle permet d’apprendre à se connaître, on en sort véritablement grandi.

Merci à Adeline ma coéquipière pour l’avoir fait avec moi et m’avoir supporté avant, pendant et après.

À Émeric à qui a fêté son anniversaire sur l’avenue FOCH avec un Sub 4h pour son 1er Marathon !

À Charlène notre supportrice qui a su trouver les mots pour nous recharger les batteries.

À la famille Caen Runners qui, de près ou de loin, a toujours été derrière nous.

Et au public parisien, petits et grands, jeunes et moins jeunes, pour leurs encouragements.

Bref me voilà Marathonien, vivement le prochain !