Marathon de Paris 2017 : Mon 1er Marathon ! par Raphaël

Un 1er Marathon, 42.195km de défis une plongée dans l’inconnu… Découverte en immersion de l’édition 2017 du marathon de Paris, mon 1er marathon.

Paris, 8h15 station Charles de Gaulle étoile, le jour J de l’heure H, qu’est-ce que je fais là ? Suis-je prêt ? Vais-je supporter ? Pourquoi courir 42,195km ?… Beaucoup de questions, le départ est dans 1h.

On sort du Métro, face à l’Arc de Triomphe, claque dans la gueule. Tu ne peux plus reculer mec tu y es il faut y aller… Le corps se libère j’explose en larmes dans les bras de ma coéquipière.

C’est libéré que je rentre dans le sas, prêt à en découdre. Il fait déjà bon, trop bon, la chaleur va être omniprésente. Je pars donc avec le t-shirt de la team, un marcel dans le sac en cas de forte chaleur une casquette sur la tête et les lunettes de soleil.

« Allez plus que 40 kilomètres »

Le départ est une euphorie planante. On court sur les Champs-Élysées la plus belle avenue du monde, le plus beau marathon du monde dans la plus belle ville du monde (avec les meilleurs coéquipiers du monde 😉 ). C’est encore le temps des boutades à la Concorde : « Allez plus que 40 kilomètres ».

Le Smile du début de course !
Le Smile du début de course !

Les 5 premiers kilos se font sur un nuage jusqu’à Bastille aka le ravito anarchie. Ce genre de ravito qui te donne un aperçu de l’espèce humaine quand elle manquera d’eau, pas de pitié, zéro fair-play, choppe ta Vittel et fais pas ch***.

« Tiens c’est L’INSEP. » 

Hormis les foutus faux plats montants, le parcours se fait sans encombre jusqu’au château de Vincennes. J’en profite pour faire du tourisme, il est pas mal ce château. On passe ensuite à l’INSEP, ce qui vaut un réveil en sursaut de ma coéquipière jusque-là concentrée comme jamais : « Tiens c’est L’INSEP ».

Je vous épargne la longue ligne droite qui longe l’hippodrome, même si on a fait à peine 15 bornes je crois bien ne jamais revoir Bastille.

Là ça va encore, mais le mur est pour bientôt..
Là ça va encore, mais le mur est pour bientôt…

« Le plongeon dans l’inconnu… »

C’est justement à partir de là que ma course commence réellement, du fait de soucis plus psychologiques que physiques, je n’ai pas pu préparer ce marathon, ma plus longue sortie n’a pas dépassé 15km. À partir de là c’est le plongeon dans l’inconnu…

Magie du corps humain, les blessures psychologiques s’estompent et me laissent continuer. Toutefois l’allure 5’40 se fait sentir dans les guiboles. Arrivé à Bastille il faut se rendre à l’évidence : soit je ralentis et je savoure ce marathon, soit je continue à 5’40 au risque d’abandonner dans un état cadavérique dans les 10-15km suivants.

« Écouter son corps. »

Si le marathon m’a bien appris une chose, c’est d’apprendre à écouter son corps. Cette course est plus un défi qu’une course en elle-même, un défi face à soi-même. Chaque marathonien a ses raisons, son histoire.

Bref revenons à nos moutons, la décision est vite prise, keep calm et ralentis. J’informe ma coéquipière au semi que je vais désormais marcher, je la laisse tracer sa route. Elle l’a préparée consciencieusement telle une championne pendant 4 mois je ne me vois pas être un boulet, je la laisse tracer sa route.

À partir de ce moment, on active le mode mental. Je préviens notre fidèle supportrice que je suis dans le mal, ce à quoi elle me répond : « je suis au 23e kilo tu y es presque ».

« Astérix avec sa potion magique… »

Putain, 2 km… j’ai l’impression d’être Astérix avec sa potion magique… la voir ne serait-ce que 40-50sec (j’ai l’impression que ça a duré 1h) m’a autant reboosté que le meilleur gel énergétique dégueulasse à la mode… Nous voilà repartis comme en 40.

À partir du 25e et des poussières, on arrive dans la partie du parcours que je ne suis pas prêt d’oublier. Sur les berges, la vue est exceptionnelle : Quai des Orfèvres, Notre Dame, la Tour Eiffel… C’est beau Paris !

Tellement beau que ça donne le smile..même après 27 bornes !
Tellement beau que ça donne le smile… même après 27 bornes !

Le public est omniprésent, on a l’impression d’être un coureur du Tour de France qui grimpe l’Alpe d’Huez. Chacun y va de son petit mot de sa petite tape :  « Vous êtes des champions », « Chaque foulée vous rapproche de la victoire » On ne peut être que reboosté !

« Passion Tunnels… ou pas »

Par contre je ne me suis pas découvert de passion pour les tunnels parisiens préférant au contraire y faire une récupération active sous forme de marche rapide haha.

« Kop Adidas et Mur du 30e »

Il est temps de filer désormais vers le 30e kilomètre, ce fameux mur mythique (qui s’est présenté pour moi au 22e kilo). On passe avant devant le kop Adidas Runners qui donne de la voix comme jamais. Encore merci les amis !

« Le Miracle ISOTAR »

Suite au 30e se produit le second miracle de mon marathon (le premier étant la présence de ma fidèle supportrice au 23e alors que j’avais compris 33e haha). Au ravito ISOTAR (ce n’est pas bon mais ça rebooste) passe devant moi un t-shirt Caen Runners… Alléluia j’ai retrouvé ma coéquipière ! Elle m’explique que la chaleur a eu raison de ses ambitions (et oui en Normandie la prépa hivernale ne prépare pas à la chaleur). Qu’à cela ne tienne, Un Caen runner ne lâche rien, on active le mode guerrier, il reste 9 bornes.

Ces 9 bornes ont autant été les 9 bornes les plus longues de ma vie de runner que les plus beaux. Les plus beaux car on a su faire preuve d’une détermination sans faille tout en ayant su s’écouter . On a su marcher quand il fallait, s’arrêter quand il fallait. Un défi dans le défi.

« Allez, la bière et la médaille sont au bout du chemin »

On recroise notre fidèle supportrice dans la côte qui nous emmène vers le Bois de Boulogne. Je lui laisse mon sac, prêt à partir au combat. Ma coéquipière souffre, moi aussi, mais être à deux nous stimule, nous maintient. On se dit que une fois rentrés dans le bois, on en sortira… à l’arrivée.

Si je devais retenir qu’une chose du bois de Boulogne, c’est les encouragements d’une petiote sur le bord de la route : « Allez, la bière et la médaille sont au bout du chemin ».

Cette traversé du bois m’a paru durer des heures. C’est au mental que l’on voit défiler les kilomètres. 39, 40, 41, puis arrive cette libération, là, au bout de la route un rond point… Je m’attends à ce que l’on ré-entre dans le bois, mais non…

« Nous Sommes Marathoniens »

Au bout de ce rond-point, on voit les banderoles le public qui nous dit que c’est fini. Comme par magie les foulées s’accélèrent, la foule applaudit. On vit l’instant présent.

Victoire !
Victoire !

Je fonds en larmes comme une madeleine « Putain on l’a fait, on a couru 42,195km ». On passe la ligne d’arrivée telle une libération et surtout une victoire… S’en suit cette même interrogation qu’au départ : Pourquoi avoir couru 42,195km ?

Ceux à quoi nous répondons en cœur :

Car nous sommes Marathoniens !

On part ensemble, on arrive ensemble, l'esprit CAEN RUNNERS !
On part ensemble, on arrive ensemble, l’esprit CAEN RUNNERS !

En bref, cette course fut un véritable défi, une sortie de la zone de confort. Elle permet d’apprendre à se connaître, on en sort véritablement grandi.

Merci à Adeline ma coéquipière pour l’avoir fait avec moi et m’avoir supporté avant, pendant et après.

À Émeric à qui a fêté son anniversaire sur l’avenue FOCH avec un Sub 4h pour son 1er Marathon !

À Charlène notre supportrice qui a su trouver les mots pour nous recharger les batteries.

À la famille Caen Runners qui, de près ou de loin, a toujours été derrière nous.

Et au public parisien, petits et grands, jeunes et moins jeunes, pour leurs encouragements.

Bref me voilà Marathonien, vivement le prochain !

raphael

Triathlète (Saucisson, Bière, Burger) adepte du Swim, Bike and Run. Community Manager et producteur de contenus de la Team Caen Runners. #CoeurAvecLesPieds.

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